Le Bréard – 14600 Honfleur Note: 12,6

Très doux, trop doux.

- Fabrice Sébire

Qui était Charles Bréard ? Je pense que j’ai passé plus de temps à essayer de trouver qui était ce monsieur qu’à rédiger cet article. Et pourtant je ne le crois point famélique. Ecrivain et historien du XIXe siècle, il n’a laissé à la postérité que quelques livres sur la marine et les marins. Ainsi que son nom à un restaurant de Honfleur. Probablement sa meilleure postérité.

Le restaurant est d’une belle ambiance, assez chaude et avec une belle terrasse couverte.

La carte est très orientée poisson, on s’en doute et asiatique, c’est à la mode. Il faut dire que le chef, Fabrice Sébire, a fait ses classes dans de belles maisons, Tour d’Argent, Lucas Carton et Grand Véfour. Dans lequel il n’a sûrement pas rencontré son homologue d’Entre terre et mer, à Honfleur, qui, lui, a fréquenté le Grand “Vaufour”. Je suis un peu taquin, mais allez voir cet article, vous comprendrez.

Deux menus dégustation pour pouvoir tester un peu tous les plats. Mais avec cette mauvaise habitude française d’imposer le même menu à toute la tablée. En Italie, ils sont plus souples.

Cela commence un peu mal avec des amuses-bouche extrêmement salés. L’avantage de notre couple est que ma compagne mange très salé, moi très peu. Donc quand elle trouve le produit salé, c’est qu’il est immangeable pour moi ! Sur les trois pièces, la chips de riz et le thon pané étaient vraiment limites. Le macaron à la truffe et thon était parfait.

Le Bréard Amuse-bouche

Le Bréard Amuse-bouche

 

Vient ensuite une jolie panna cota de coquillages et fonds de poireaux. frais et élégant.

Le Bréard Panna Cota coquillages fonds de poireaux

Le Bréard Panna Cota coquillages fonds de poireaux

Cela continue mais dans une autre veine avec le sashimi de thon. Qui n’en est pas un ! C’est assez étonnant de la part d’un chef qui a été consultant au Japon de faire une erreur aussi grossière. Je ne suis pas un grand spécialiste de la cuisine japonaise mais je pense qu’à la photo, on peut affirmer qu’on est plus proche d’un tataki que d’un sashimi puisque le bord des tranches est clairement cuit. Cela n’enlève rien à la qualité du plat. Les trois petites gouttes de vrai wasabi suffisent largement à balancer la douceur du confit de concombre et se marient parfaitement avec le poisson.

Le Bréard Thon mariné en sashimi concombre et wasabi

Le Bréard Thon mariné en sashimi concombre et wasabi

Evidemment, nous sommes avec du vrai wasabi et non pas du raifort coloré. En tant qu’alsacien, je n’ai rien contre le raifort qui est mon condiment préféré avec la choucroute. Cependant, comme il fait partie de la même famille que le wasabi et est moins onéreux, plus goûtu et moins piquant, il est couramment utilisé par les similis vendeurs de sushi et sashimi qui vous vendent du riz… En fait de compte, non, je m’arrête, ça va m’énerver.

L’autre entrée est constituée d’huîtres avec un tartare de poire. C’est l’appellation de la carte. Là aussi, on se bataillera avec le Maincent-Morel comme Bible, mais on est surtout proche d’un tartare d’huîtres et d’une macédoine de poires. Et du vrai raifort ! Gentil mais un peu trop doux en bouche. L’iode des huîtres est noyé entre la poire et les perles du Japon.

Le Bréard Huîtres

Le Bréard Huîtres

 

L’alliance du foie gras et du chocolat était très à la mode dans les années 80 puis est un peu tombé dans l’oubli. Notre chef la revigore nettement en adjoignant dans la terrine un appareil à la noisette.

Le Bréard Foie gras chocolat et noisettes

Le Bréard Foie gras chocolat et noisettes

 

Le Bréard Foie gras gros plan

Le Bréard Foie gras gros plan

 

Ris de veau classiques, avec une présentation assez étrange. On est dans de l’art mais le résultat n’est pas toujours très harmonieux. A vouloir trop en faire, cela devient un peu fouillis.

Le Bréard Ris de veau

Le Bréard Ris de veau

 

Si la cuisson du turbot est parfaite, il souffre d’un aspect extérieur, soyons brutal, super moche. Faire une cuisson meunière mais essuyer tout le beurre pour fabriquer une assiette sans gras enlève tout le coté luisant de la présentation. On se retrouve avec un tronçon terne et inélégant. Le reste de l’assiette n’arrive pas à remonter la pente. La purée de carotte est bonne. Les cubes de mangues et de pommes de terre ont subi un coup de chaud. On reste dans des goûts très doux.

Le Bréard Turbot en meunièr, carottes, mangues

Le Bréard Turbot en meunière, carottes, mangues

Assiette de fromages classique.

Le Bréard Le Bréard Fromages

Le Bréard Fromages

 

On conclut avec un pré dessert faisant intervenir un légume ancien, le panais. C’était la pomme de terre du Moyen-Age. La encore en est dans un goût doux peu prononcé.

Le Bréard Pré-dessert panais agrumes

Le Bréard Pré-dessert panais agrumes

 

Le soufflé à la passion est bien monté mais la passion est trop présente et sera la seule pointe détonante de tout le repas avec le wasabi de départ.

Le Bréard Soufflé passion

Le Bréard Soufflé passion

 

Le Bréard Mignardises

Le Bréard Mignardises

 

En conclusion, je reste sur une impression gênante de mono-goût. Le chef a sans conteste une technique apprise dans les grandes maisons, cherche à intégrer ses découvertes gustatives asiatiques et les produits locaux. Le seul souci est que l’ensemble du repas est dans la même tonalité. J’ai beau eu chercher, je n’ai pas trouvé d’autre mot que “douceâtre”.

Que ce soit la poire (pourtant mon fruit préféré) avec les huîtres, la carotte, le panais, la mangue, les pommes de terre, le concombre confit, le ris de veau, le foie gras, le chocolat, il y a une trop forte accumulation de produits doux ou travaillés de manière sucrée, et cela devient un peu écoeurant sur un menu à 6 services.

La demoiselle assurant le service est très compétente et aimable. Il est vrai que nous étions seuls ce midi ! Pas un service surchargé.

Ce qui est regrettable, c’est l’absence de passage du chef. Il est venu régler quelques affaires au comptoir puis est reparti en cuisine. Etant donné que nous étions les seuls clients, un petit passage en salle ne lui coûtait pas grand chose.

Le Bréard Comptoir

Le Bréard Comptoir

Peut-être allez-vous dire que je fais mon “vieux” mais je trouve que “dans le temps” les chefs passaient  nettement plus souvent en salle en fin de service qu’ils ne le font aujourd’hui. Il m’arrive régulièrement de pouvoir discuter avec eux mais parce que les serveurs ont répercuté qu’il y avait un client qui posait des questions particulièrement précises et qui semblait savoir comment fonctionnait une cuisine. Mais tout le monde n’a pas cette possibilité de forcer la curiosité.

Le Bréard Auxey-Duresses 2012

Le Bréard Auxey-Duresses 2012

Toilettes non séparées et pas PMR. Très propres, mais donc un point en moins conformément aux règles.

Addition de 208 euros avec un Auxey-Duresses 2012 Domaine Diconne

Le Bréard Addition

Le Bréard Addition


Date de la visite: 2018 Janvier
Grand-Ouest ,Produits de la mer ,Terrasse
Le Bréard Thon mariné en sashimi concombre et wasabi

Tel: 00 33 2 31 89 53 40
Website: https://www.restaurant-lebreard.com
Adresse: 7 Rue du Puits, 14600 Honfleur

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