Teppanyaki Ginza Onodera – 75006 Paris Note: 14,8

Un restaurant japonais (un vrai !) n’a rien de comparable avec n’importe quel autre type de restaurant. C’est tout un état d’esprit qui se dévoile furtivement dès la façade, la porte franchie, le rideau de transition, l’accueil courtois mais distant, un décor aux lignes simples mais où mille éléments discrets révèlent la complexité d’agencement.

Ne partez pas tout de suite ! Ne vous inquiétez pas, je vais vous éviter les banalités du genre : on se croirait au Japon, dans une ambiance kyotoïte, on change de continent en un pas, etc.

Teppanyaki Ginza Onodera Sette et tablier

Teppanyaki Ginza Onodera Sette et tablier

Le serveur est français et a vécu au Japon. Je ne sais si c’est son séjour là-bas ou un métier précédent (j’ai eu une bizarre intuition) mais il est d’une rigueur et d’une organisation toute militaire qui déplaira à ceux qui adorent se la jouer cool. Certains commentaires à son égard sur TripAdvisor sont assez agressifs mais je pense que ce sont plutôt des gens qui n’ont pas la connaissance des règles de politesse japonaise. Elles sont différentes des nôtres. Ce serveur serait hors des clous chez Chartier. Il est parfait ici.

 

Tu causes, tu causes, dit Laverdure.” Mais ce n’est pas tout ce que je sais faire. Donc commençons à manger.

 

Si la carte propose différents types de boeufs à déguster, autant se faire plaisir et choisir le boeuf de Kobé même si l’addition s’en ressent. Au diable les varices, comme dirait mon phlébologue.

Je vais commencer par vous faire faire quelques économies en vous évitant les apéritifs style Aragoshi Yuzu. Facturé à 12 euros, malgré toute la sympathie que l’on peut avoir pour le pays de Soleil Levant, cela ne les vaut pas.

Teppanyaki Ginza Onodera Apéritif citron

Teppanyaki Ginza Onodera Apéritif citron

 

On débute par une gentille salade. Rien de vraiment particulier. C’est bon, fin, délicat. Cela correspond à nos amuses-bouche européens. Tout réside véritablement dans la vinaigrette qui ne détruit pas la bouche et est très goûtue.

Teppanyaki Ginza Onodera Salade

Teppanyaki Ginza Onodera Salade

 

Avec le saumon commence le cérémonial de cuisson qui fait partie intégrante du repas. Pas de jonglerie d’aliments, d’acrobaties d’ustensiles ou d’assiettes tournantes. On n’est pas au cirque ou pour faire une vidéo YouTube.

Les aliments et assiettes vous sont présentés avant cuisson et préparés en direct sur le fameux Teppanyaki qui donne une partie du nom du restaurant. Ginza est un quartier de Tokyo. Onodera est un nom de famille.

Evidemment, aucun communiquant n’est passé par là pour expliquer à nos propriétaires qu’une telle dénomination était d’une complexité sans borne à retenir pour tout occidental moyen.

Teppanyaki Ginza Onodera Assiette en préparation

Teppanyaki Ginza Onodera Assiette en préparation

Teppanyaki Ginza Onodera Saumon avant cuisson

Teppanyaki Ginza Onodera Saumon avant cuisson

Teppanyaki Ginza Onodera Saumon grillé

Teppanyaki Ginza Onodera Saumon grillé

 

Au prix où est le menu, on peut commencer à être un petit pointilleux. Mais hormis la cuisson du poisson, à laquelle j’aurais probablement enlevé 1 à 2 minutes, rien à redire. La peau grillée à part donne un croustillant complémentaire. Il ne faut surtout pas goûter le petit condiment rose seul ! Impérativement avec une bouchée de chair.

Vient ensuite la pièce de choix, le boeuf de Kobé, autorisé à l’exportation depuis seulement quelques années.

Le prix est délirant donc la pièce est congrue. Ne vous attendez pas à la côte de 1,2 kilo pour deux !

De plus, si vous adorez la viande bleue, (ben oui, vous êtes français), ce n’est pas ce qui est conseillé pour cette bête. On vous orientera plutôt vers une cuisson un peu plus poussée, sans être de la semelle, bien évidemment. Comme vous êtes poli (et intelligent), vous faites confiance.

Teppanyaki Ginza Onodera Boeuf Kobé

Teppanyaki Ginza Onodera Boeuf Kobé

Et voilà !

Teppanyaki Ginza Onodera Assiette boeuf de Kobé

Teppanyaki Ginza Onodera Assiette boeuf de Kobé

 

Bon, d’accord, l’ogre que je suis doit apprendre que la quantité ne fait pas tout et déguster avec parcimonie (et à bon escient !) cette très belle viande.

Peut-être n’en suis-je qu’au début de mon apprentissage, (ou alors j’ai mangé de trop belles viandes non-japonaises dans mes années passées) mais je dois avouer que, si c’est excellent, je n’en suis pas tombé de ma chaise pour autant. Les larmes n’ont pas inondé mes joues. Mon palpitant n’a pas subi un soudain affolement.

Cela n’en reste pas moins une très belle expérience. C’est un produit rare, élégant, fin, délicat.

J’ai pris le supplément riz à l’ail pour atterrir tranquillement.

 

Comme d’habitude, les desserts asiatiques ne me transcendent jamais. C’est pour moi (mais peut-être ai-je quelques méconnaissances) l’une des faiblesses majeures des restaurants japonais et chinois. L’utilisation de la pâte de haricot engendre toujours une fadeur et une texture farineuse que n’arrive pas à compenser l’ajout d’éléments divers, aussi fins ou forts soient-ils.

Teppanyaki Ginza Onodera Dessert

Teppanyaki Ginza Onodera Dessert

 

Le saké mériterait des formations oenologiques au même titre que nos vins classiques. J’ai découvert la multiplicité extraordinaire des “crus” dans le restaurant Sakagura à New-York. Ils possédaient une cave impressionnante uniquement de ce breuvage. J’ai pris ici une carafe d’Hakkaisan sans véritablement savoir si je faisais un bon choix. Là encore, beaucoup de choses à apprendre…

 

Comme vous vous en doutez, l’addition est assez salée. C’est normal, Ginza était le quartier de l’argent. On ne vient pas pas ici avec ses tickets-restaurants. 

Et la maison perd 1 point conformément aux règles du site.

HACCP ? Pas du tout car tout est tellement propre que je pense qu’on pourrait même manger sur les toilettes sans risque !

Mais le site internet est un désastre… Comment une multinationale qui possède apparemment douze établissements dans les plus grandes villes du monde peut-elle afficher un site aussi pitoyable ?

Tout d’abord le lien GoogleMaps arrive sur une page 404.

Le lien Yelp n’était pas bon. (Je l’ai changé, merci, vous me devez une fleur !)

Ensuite la traduction est probablement passée via GoogleTrad successivement par “japonais/anglais/baloutchistanais/hongrois des hauts-plateaux/russe post coma éthylique à l’antigel/français”.

Par exemple, sauf second degré ou antiphrase, l’accroche ci-dessous est calamiteuse:

Teppanyaki Ginza Onodera site

Teppanyaki Ginza Onodera site

Donc prenez une ou deux additions et payez un stagiaire pour mettre tout ceci à niveau…

Addition de 186 euros pour 1.

Teppanyaki Addition

Teppanyaki Addition


Date de la visite: 2017 Décembre
Asiatique

Teppanyaki Ginza Onodera Saumon avant cuisson

Tel: 00 33 1 42 02 72 12
Website: 6 Rue des Ciseaux, 75006 Paris
Adresse: https://onodera-group.com/teppanyaki-paris/

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