Bistrot 64 – Rome – Italie Note: 16.4

Un Japonais à Rome, ça donne des carbonnara sans pâtes.

- Kotaro Noda

Troisième et dernier des restaurants étoilés Michelin testés durant notre périple à Rome. Probablement le plus abouti même si on trouve toujours quelque chose à redire ! Je suis un peu perfectionniste sur les bords !

Tout d’abord, on est aux limites des colonnes d’Hercule, dans le Nord de Rome, bien au-dessus de la Villa Borghese. C’est donc un bistrot qui se mérite. Le quartier est chic mais c’est taxi ou Uber presque obligatoire.

Pour ce qui est du cadre, on est plus dans le concept de bistronomie puisque les murs sont recouverts de carrelages style métro parisien, tables en marbre sans nappes avec settes en bois, service décontracté. Loin du baroque de la fontaine de Trevi. Ambiance sonore un peu forte. C’est joli mais sans cachet particulier. C’est un décor qu’on peut trouver dans des centaines de restaurants à travers le monde.

2 menus dégustation choisis par le chef, Kotaro Noda : “Just Us !” 5 services à 50 euros ou “Experience” à plus de 10 services pour 90 euros. Ou menu “Simply yours” 5 plats à la carte à 50 euros. Accompagnement de vins à 35 et 45 euros.

On passe rapidement l’amuse-bouche, tranche de pain sec décorée de parcelles de mousse de légumes et élégamment posée sur un tronc d’arbre. Probablement une expression conceptuelle du mariage du travail artisanal et minutieux de l’homme confronté à la brutalité sauvage de la Nature. Ou alors le chef a seulement trouvé ça sympa…

Jolis et bon pains en boule.

Premier service. Et reconnaissons qu’il attaque très fort: une boule de glace d’huître posée sur un énorme glaçon renfermant quelques herbes. C’est absolument excellent ! La saveur de l’huître est concentrée, puissante. Pour un début, ça promet ! Seul bémol, les deux zestes de citron yuzu confits sur la boule. Pour moi, ils sont en trop même si je comprends le message pour la tradition de l’agrume avec le mollusque. Tradition que je ne respecte pas. J’ai toujours été convaincu que l’huître se suffisait à elle-même. Je ne vous raconte pas quand je vois arriver le vinaigre ou la saucisse à Arcachon !

Bistrot 64 Glace d'huîtres

Bistrot 64 Glace d’huîtres

On continue dans l’épat’ avec deux langoustines crues, servies dans un verre à vin, agrémentées d’un soja de qualité et de menthe ciselée et autres condiments. On tourne comme un vin et on boit ! Simple, marrant, efficace. Facile à refaire chez soi. Mais évitez le Kikkoman de base !

Bistrot 64 Langoustines

Bistrot 64 Langoustines au verre

 

Ensuite les Carbonara sans pâtes ! Mais il reste le lard ! On est sauvé. Un peu moins excitant. Mais le chef doit avoir une obsession des pâtes sans pâtes puisque les suivantes sont en réalité des filaments de pomme de terre ! Sur un lit de purée beurre et infinitésimalement parfumé d’anchois.

Bistrot 64 Carbonara sans pâtes!

 

Et peut-être que le chef a raison d’éviter de travailler ce produit car ses Tagliolino froids sur lit de tomates et dominés d’une cuillère de caviar sont le plat faible de toute la série. Le caviar est noyé dans la masse et les excellentes tomates ne sauvent pas le plat. Pour mémoire, l’Italie est le 2e producteur de caviar d’élevage au monde, après la Chine. Espérons que la suite ne sera pas une chute de Charybde en Scylla.

Bistrot 64 Spaghetti froids, tomates, caviar italien

Bistrot 64 Spaghetti froids, tomates, caviar italien

 

Il se rattrape brillament avec des fregola sardes au pesto de basilic, recouvertes d’un carpaccio de seiche, le tout emballé dans une improbable pellicule de gelée rose et totalement transparente. Impressionant, délicat. Respect !

Bistrot 64 Seiche et fregola au basilic

Bistrot 64 Seiche et fregola au basilic

 

Bistrot 64 Seiche et fregola au basilic

Bistrot 64 Seiche et fregola au basilic

 

Le plat suivant est encore mieux. Un filet de cabillaud tout de noir habillé. Une dentelle de farine poêlée, une délicate mousse de champignons, le poisson recouvert d’une fine couche d’encre de seiche. Mais elle n’est pas en simple sauce, elle est délicatement gélifiée pour l’entourer. Un travail de Sisyphe ! (Ben oui, je suis à Rome, il faut bien que je fasse dans la mythologie !)

Bistrot 64 Filet de cabillaud

Bistrot 64 Filet de cabillaud

 

Bistrot 64 Filet de cabillaud

Bistrot 64 Filet de cabillaud

 

Nous concluerons le salé avec un pigeon parfaitement cuit, accompagné d’un demi oignon presque confit et de rondelles d’orange vinaigrées. Celles-ci sont IMPERATIVEMENT à déguster avec un morceau de pigeon. Douceur et vinaigre s’harmonisent parfaitement en bouche. Sinon, c’est l’horreur !

Bistrot 64 Pigeon

Bistrot 64 Pigeon

 

Que nous reste-t-il ? Les desserts. Hormis les petites gentillesses pour passer le temps, les deux desserts m’ont un peu laissé sur ma faim. Le premier car au café, breuvage que je déteste. Donc je ne jugerai pas. Le deuxième car affreusement sec, une sorte de crumble avec un biscuit sec lui aussi. Pas glop ! Un peu dommage après cette fantaisie de goûts.

Bistrot 64 Dessert café

Bistrot 64 Dessert café

 

Bistrot 64 Dessert café 2

Bistrot 64 Dessert café

 

Bistrot 64 Crumble

Bistrot 64                                                                   Crumble

 

La sélection des vins est très bonne, même je me suis dit qu’il serait peut-être plus intéressant de tester un saké tiède de qualité avec la glace d’huître plutôt qu’un vin blanc classique.

 

Addition de 283 euros.

Bistrot 64 Addition

Bistrot 64                                                                   Addition

 

Si la carte est en anglais, pas le site internet. Bizarre.


Date de la visite: 2017 Septembre
Etoilés Michelin ,Italien ,Pâtes ,Rome
Bistrot 64 Glace d'huîtres

Tel: 00 39 063235531
Website: http://www.bistrot64.it
Adresse: Via Guglielmo Calderini, 64, 00196 Roma RM, Italie

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